Algérie : «Le dauphin » Said Bouteflika se prépare

26/11/2014 - 18:44

ALGER (SIWEL) — Selon certains observateurs algériens, si la révision constitutionnelle de 2008 avait pour objectif la suppression de la limitation des mandats présidentiels, la nouvelle révision constitutionnelle vise quant à elle la création d’un poste de vice-président avec un allongement de la durée des mandats à 7 ans. Voilà qui arrangerait bien « le dauphin » Said Bouteflika. Mais rappelons-nous qu’en avril 2014, en lendemain de l’élection de Bouteflika, un journal londonien avait déjà fait état du «souhait» de la France de voir se créer un poste de vice-président pour « garantir la stabilité du pays » et surtout garantir son approvisionnement en gaz. Et visiblement, cela intéresse aussi le petit frère Bouteflika qui a, pour le coup, une occasion en or de devenir le futur président algérien sans avoir à passer par les urnes, quand bien même celles-ci ne revêtiraient qu’un caractère purement formel.


Pour rappel, en avril 2014, le quotidien arabo-londonien Al Quds Al Arabi, citant une source diplomatique française, indiquait déjà que le gouvernement français, « aurait notifié » au président algérien fraichement réélu, le « devoir » de mettre rapidement en place un poste de vice-président qui devra se charger des « missions courantes » (probablement liées à l’exportation des ressources énergétiques), pendant que le président se consacre à ses soins. Selon la même source, en avril 2014, au lendemain de la réélection de Bouteflika, Paris aurait demandé la création d’un poste de vice-président et aurait même désigné pour ce poste, Abdelmalek Sellal, qui s’était distingué en se faisant le porte-voix du président malade, durant la "campagne électorale".

Le journal londonien avait alors avancé que la France, craignant une chute du pouvoir en Algérie en cas de vacance subite du poste de président, « voudrait s’assurer une relève de forme » qui éviterait l’effilochement du pays qui donne des signes de fragilité, notamment avec les conflits ethniques sanglants dans son sud (Ghardaia) et une contestation larvée et permanente en Kabylie. Toujours selon les mêmes sources, la chute brutale du régime reviendrait de facto à « embraser toute la région ouest-méditerranéenne et à perturber les ravitaillement en gaz naturel de l’Europe »

Voir notre article

http://www.siwel.info/La-France-serait-en-train-de-finaliser-la-creation-d-un-poste-de-vice-president-en-Algerie_a6182.html http://www.siwel.info/La-France-serait-en-train-de-finaliser-la-creation-d-un-poste-de-vice-president-en-Algerie_a6182.html


Or, Abdelmalek Sellal n’étant qu’un patin chargé d’amuser la galerie, c’est plutôt le petit frère Bouteflika qui se serait auto désigné pour assurer la fonction tant souhaitée par la France. Ce poste conviendrait sur mesure au petit frère Bouteflika car cela lui permettrait de devenir président à la suite à la démission ou du décès de son frère, sans avoir à passer par des élections auxquelles plus personne n’accorde d’importance, ni encore moins de crédit. La révision constitutionnelle proposerait en plus du poste de vice-président, un allongement de la durée des mandats présidentiels à 7 ans. Ce qui garantira une « stabilité du pays » et une poursuite tranquille des affaires pour la tutelle coloniale, française en l’occurrence, et en particulier pour la stabilité de l’approvisionnement en Gaz, surtout en ces périodes troubles avec la Russie.

Ainsi, selon certaines sources algériennes, les jeux de coulisse pour la successions de Bouteflika « sénior » auraient commencé lorsque le premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, (Agujil Bwawal selon la formule consacrée par Matoub Lounès), a clôturé le semblant de consultations pour la rédaction de la nouvelle constitution, notamment avec le terroriste « repenti » Madani Merzag . C’est à ce moment que le « dauphin », Said Bouteflika aurait lui aussi convoqué tour à tour deux éminences grises de la présidence algérienne à qui il aurait annoncé que son frère allait le nommer vice-président.

Ainsi selon cette source algérienne, il aurait d’abord demandé à l’intégriste « barbeFLN», Abdelaziz Belkhadem, de préparer les appareils politiques d’obédiences arabo- islamistes à l’introduction du nouvel amendement de la Constitution qui permettrait son intronisation. Ensuite, il aurait sollicité le général Mohamed Touati, dont on dit qu’il est le Mokh, (le cerveau), et ce, pour convaincre les généraux réticents de procéder à cette introduction, par la force s’il le faut.

Seulement, les deux apparatchiks auraient refusé de s’associer à son œuvre, probablement en raison d’intérêts contraires aux leurs et c’est ce qui explique le fait qu’ils aient été limogés sur le champ et réduits au silence, selon ces sources algériennes.

Le petit frère Said, malgré ce petit revers avec l’Armée algérienne a quand même voulu s’assurer le soutien de la digne héritière de l’armée des frontières. Il a donc programmé d’élever son plus fidèle janissaire, le chef de la Direction Générale de la Sureté, Abdeghani Hamel comme chef d’état-major de l’ANP pour remplacer le général Ahmed Gaid Salah qui conserverait quant à lui le poste « honorifique » de vice-ministre de la défense ; d’où la marche de policiers algériens organisée en guise de contre-offensive, pour demander le départ de Hamel. Les promesses financières insensées de Sellal, suivies de limogeages et de mutations à la DGSN ont parait-il court-circuité cette mutinerie improvisée.

A la même période, l’Etat français refait son apparition dans le jeu trouble de l’Algérie et lie son destin à celui de l’Etat algérien, à un moment où il a particulièrement besoin de légitimer son engagement « anti-terroriste » contre le fameux « Daech ». Les parties algériennes en conflits pour « le règne sur la ruche » choisissent encore une fois comme terrain de jeux la Kabylie. Un touriste français, Hervé Gourdel, se fait enlever et assassiner en Kabylie alors que la zone est particulièrement quadrillée par les soldats algériens. Ces derniers traquent depuis 10 ans des terroristes sur lesquels, étrangement, ils n’arrivent jamais à mettre la main. Et comme un hasard ne vient jamais seul, le juge français Trévidic se manifeste encore une fois, au même moment opportun, pour enquêter sur le trouble assassinat des moines de Tibhirine… Les pressions semblent bien s’exercer de part et d’autres ; Mais, toujours est-il que les restes de dépouilles des moines de Tibhirine resteront en Algérie, et le juge Trévidic rentre donc…bredouille ! Quant au corps et la tête d’Hervé Gourdel, ils ne seront jamais retrouvés, ni d’ailleurs les présumés Daechistes….et depuis, c’est le silence radio…les parties en lice semblent être à ex aequo et plus personne ne parle ni des moines de Tibhirine ni de la dépouille d’Hervé Gourdel. L’affaire est tellement étrange qu’il n’y a plus grand monde pour croire à sa véracité.

Du côté d’Alger, pour ce qui est des affaires locales, les sources algériennes que nous citons estiment que les annonces contradictoires de changement de gouvernement indiquent la présence de tensions entre les différents clans du pouvoir pour récupérer les postes stratégiques, notamment l’Intérieur, les Finances et l’Energie. Mais le maintien du gouvernement, l’allégeance du patronat à Ali Haddad, protégé de Said Bouteflika, et l’annonce de la révision constitutionnelle prouverait que le clan d’Oujda a gagné la partie contre ses mystérieux adversaires et qu’il avance méthodiquement ses pions sur l’échiquier.

Ces observateurs algériens dont nous avons partiellement repris une partie de l’analyse estiment qu’il faut se rendre à l’évidence. Citant le capitaine Hocine Ouaguenoune dit Haroun, le créateur d’un site des officiers algérien ( MAOL), celui-ci aurait déclaré sur la chaine El Magharibia qu’il « n’y a pas de solution politique à la crise algérienne».

Ces mêmes sources affirment que « le clan d’Oujda a miné toutes les institutions du pays, réprimé férocement la société civile, laminé la société politique, fermé les frontières avec les voisins... Il s'est introduit dans ce pays par la force de l’armée des frontières. Il n'en partira que par la force. « et ajoute que « Les opposants politiques n'arrivent pas à faire le poids. Ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions et hésitent à mettre en péril leur «confort personnel» s’ils lançaient un appel à la révolte populaire qui ne serait pas suivi. »

Ils estiment par ailleurs que : « Quant au peuple, il attend avec passivité ceux qui auront le courage de poser violemment leurs attributs de «défenseurs de la Constitution» sur la table pour imposer le changement de régime tant attendu et mettre un terme à cette humiliation permanente imposée par le clan d’Oujda. »

Mais une chose est cependant certaine, cette fois-ci, ce ne sera pas la Kabylie qui ira « sauver la constitution algérienne ». Après 1963, 1980 et 2001, la Kabylie a fini par comprendre, à ses dépens et dans la douleur, que tous les combats qu’elle a menés au nom de l’Algérie ont été des combats qu’elle a menée contre elle-même!

Ni le RCD ni encore moins le FFS ne disposent plus d’aucune crédibilité en Kabylie et ne réussiront pas à soulever la Kabylie…C’est terminé ! La Kabylie ne joue plus à ce petit jeu-là. Elle ne fera pas les frais du nouveau duel des héritiers de l’armée des frontières.


zp,
SIWEL 261844 NOV 14




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